Dali Najeh : Les cimenteries en Tunisie : Un mal nécessaire

Rédigé par Melekher. Publié dans MELEKHER

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Dali Najeh : Les cimenteries en Tunisie : Un mal nécessaire

Publié le 03 février à 12:52 , 2012 avec Pas de commentaire

Dali Najeh : Les cimenteries en Tunisie : Un mal nécessaire

Dali Najeh : Les cimenteries en Tunisie : Un mal nécessaire

Dali Najeh : Le prix du ciment a connu ces deniers mois une augmentation exorbitante. Est-ce-que cela est due à la capacité nationale de production de cette matière ou aux problèmes de pollution issus des procèdes de fabrication.
Le sac de 50 kg est passé de 6 DT à 15 DT. Le prix grimpe rapidement à 20 DT sur le marché noir.
En effet, dans certaines régions à l’instar de Enfidha, des habitants d’un proche village (Aïn Medhaker), ont confisqué les équipements d’extraction et de transport de l’usine de fabrication de ciment qui représente 25% de la fabrication nationale, réclamant leur droit à une compensation suite aux problèmes de santé qu’ils subissent à cause de la pollution issus par cette usine et notamment des poussières issus de l’exploitation de la carrière.
Alors que dans d’autres régions, Dali Najeh, présente le cas de Sidi Bouzid, où des habitants ont manifesté contre l’opposition du ministère de l’industrie à l’implantation d’une nouvelle usine dans la région.
En réalité l’industrie du ciment en Tunisie à une longue histoire, la première usine (Les Ciments Artificiels Tunisiens) a été créé en 1936 dans la banlieue sud de la capitale Tunis, et le second en 1953 dans la région de Bizerte (Les Ciments de Bizerte).

Suite à l’urbanisation et pour répondre aux besoins du marché, des usines supplémentaires ont été fondées.
Pendant les soixante-dix, deux usines ont été créées, l’une dans le Sud, près de la ville de Gabès (Les Ciments de Gabès de), et l’autre pour le Nord Ouest de Tajerouine (Les Ciments d’Oum El Kélil).
Dans le même temps, la cimenterie de Bizerte a été élargie.
Pendant les années quatre-vingt, deux autres usines de ciment gris ont été établies, l’un à Enfidha (Les Ciments d’Enfida), et l’autre à Jbel Oust (Les Ciments de Jbel Oust).
En outre, une usine de ciment blanc a été créée à Feriana (SOTACIB), partagé également entre la Tunisie et l’Algérie.

Pour présenter l’impact de la production de l’industrie du ciment sur l’environnement, dans ce présent billet Dali Najeh tentera de développer sommairement, la relation entre la production du ciment et la qualité de l’air comme les poussières ainsi que la consommation d’énergies.
La fabrication du ciment entraîne des impacts environnementaux à toutes les étapes du processus.
Il s’agit notamment des émissions de pollution atmosphérique sous forme de poussières, de gaz, le bruit et les vibrations lors du fonctionnement des machines et au cours de dynamitage dans les carrières, et des dommages à la campagne depuis les carrières.

En effet, la production de ciment consomme une grande quantité de matières premières non renouvelables (minerais et combustibles fossiles). Sa fabrication est également à l’origine d’importantes émissions de CO2.

La fabrication du ciment demande des températures élevées soutenues, dépassant les 1 450 °C.
L’industrie utilise habituellement des combustibles fossiles économiques et efficaces comme le charbon et le coke de pétrole.
En effet, selon les normes consultées par Dali Najeh, une unité de production de ciment d’une capacité d’un million de tonnes par an, consomme environ 80 mille TEP (Tonnes équivalent pétrole) d’énergie, soit la consommation de 10 usines de fabrication de briques d’une capacité de production de 140 mille tonnes chacune.
Donc, l’industrie de cimenterie est très énergivore.
Pour ce qui est de la qualité de l’air, l’air est un terme commun pour l’atmosphère : la couche d’azote, d’oxygène et d’autres gaz en traces qui entoure notre planète rend possible la vie sur la Terre.
Sans rentrer dans les détails techniques de la production du ciment, selon Dali Najeh, le choix du procédé de fabrication du ciment peut influencer énormément la qualité de l’air.
Il existe au moins deux procédés de fabrication, l’un humide et l’autre sec.
La voie humide est utilisée depuis longtemps. C’est le procédé le plus ancien, le plus simple mais qui requiert le plus d’énergie.
La méthode de fabrication par voie sèche pose aux fabricants d’importants problèmes techniques à l’instar le problème de la qualité de l’air.
Ce problème est rendu d’autant plus aigu, que les pouvoirs publics, très sensibilisés par les problèmes de nuisance, imposent des conditions draconiennes.
Ceci oblige les fabricants à installer des dépoussiéreurs, ce qui augmente considérablement les investissements de la cimenterie.
En Tunisie, les cimenteries travaillant à voie sèche sont en nombre de six alors qu’une seule usine utilise le procédé humide.
Néanmoins, les concentrations de poussières avoisinent les 220 mg / Nm3 pour toutes ces cimenteries. En effet la maintenance et l’entretien de ces équipements restent insuffisants.
Dans les conditions normales et optimales d’émission, et avec des filtres électrostatiques répondant à la concentration recommandée d’émission de 150 mg / Nm3, un four de 3 000 TM / jour rejetterait environ 1,5 TM de poussière par jour.
Les cimenteries restent donc selon Dali Najeh, une source de pollution atmosphérique par le rejet de poussière de ciment.
Quant à la pollution hydrique bien qu’elle n’est pas très grave dans le cas des cimenteries, la situation actuelle se caractérise aussi par le rejet dans le milieu naturel des eaux non conformes aux normes dont la salinité est supérieur à 5 g / l pour certaines cimenteries.
Donc comment peut-on éviter les problèmes de pollution et diminuer la consommation d’énergies
L’expérience suggère que bien sure, à coté des études d’impacts qui sont obligatoires et le respect des normes de rejets, le recours aux recyclages et les sources d’énergies alternatives sont possibles.
Le lecteur est invité à consulter le billet suivant disponible dans ce site pour voir la suite.
Dali Najeh

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